Le Café Alain Ducasse

  • 12 rue Saint Sabin, 75011 PARIS et 47 rue du Cherche-Midi, 75006 PARIS

  • Horaires : la semaine de 8h30 à 19h, le samedi de 8h30 à 19h30 et le dimanche de 9h à 18h - FERMÉS LES LUNDIS

  • Instagram : @lecafealainducasse

  • Ma dernière visite : mars 2019

 
 

Ouvert fin 2018 et début 2019, les deux espaces du Café Alain Ducasse font le choix de prendre certains codes de la brasserie, de la boutique et du luxe français et de les intégrer à ceux du coffee shop. Ou l’inverse. Vous y trouverez notamment :

  • Un comptoir en Zinc, des murs transformés en espace de vente lisse, un environnement semi-industriel,

  • de hauts tabourets design en cuir, des petits chocolats servis dans des coupelles en métal,

  • des baristas avec le typique tablier en jean bleu et lanières de cuir, une machine La Marzocco customisée, des moulins Mythos et un Puqpress.

On prend un peu de tout, en assemble et voilà le travail ! Réussi d’après moi, pour une ambiance professionnelle et accueillante. Si les espaces donnent tout de suite l’impression que les détails sont soignés et maîtrisés, la qualité des boissons et le service font eux preuve d’un manque de constance classique pour tout nouveau établissement. Ducasse ou pas Ducasse, ses deux lieux dédiés au café n’échappent pas à la règle.

Pour ceux qui veulent petit-déjeuner, déjeuner ou goûter en buvant un bon café, passez votre chemin ! La seule substance solide vendue sur place est la madeleine du chef, peu rassasiante. En même temps, ce n’est pas ce qu’on lui demande. Oui, le Café Alain Ducasse est dédié exclusivement à la dégustation de café et vous n’y trouverez aucune boisson dans laquelle cet ingrédient n’est pas présent, sous une forme ou une autre. Non, pas même du thé. Pas forcément pratique mais compréhensible. C’est d’ailleurs très appréciable de voir qu’un établissement vendant du café de spécialité met à ce point notre produit favori au centre de sa démarche.

Les cafés vendus font beaucoup parler d’eux du fait de leurs prix jugés trop élevés. Rien de choquant pour moi : la chaîne du café de spécialité ne pourra s’épanouir que lorsqu’on arrêtera d’avoir honte de facturer le prix juste traduisant les investissements fournis pour chaque tasse servie. Encore faut-il que cette tasse finale soit juste elle aussi.

Le torréfacteur, champion de France de torréfaction 2017 et 2018 ainsi que 3e mondial 2018, a de nombreuses cordes à son arc qui devraient assurer une qualité élevée des cafés torréfiés. Si certains goûts de torréfaction se font encore sentir, altérant le goût du produit, c’est typique de toute nouvelle torréfaction et je suis convaincue que ce sera ajusté rapidement.

En revanche, l’extraction de ses cafés par les baristas ne garantie pas toujours un résultat optimal. Ces derniers aux compétences aléatoires et les choix de méthodes d’extraction semblent rendre l’objectif de constance inaccessible. Il faudra sans doute attendre un peu avant de de se rendre dans les Café Alain Ducasse avec la certitude de boire un bon café ou un café juste. Pour l’instant, c’est le jeu de la roulette russe : les boissons peuvent être délicieuses ou imbuvables. Comme dans de nombreux coffee shops déjà existants en somme.

Le service client est en général agréable et discret. Il n’est pas rare que les employés de la maison engagent la conversation avec leurs clients, partageant leur passion contagieuse pour ce nouveau projet de l’empire Ducasse. Cependant, en fonction des baristas présents, ce même service peut non seulement s’avérer trop discret quand les équipes sont plus occupées à discuter entre elles qu’à s’occuper de leurs clients, mais aussi franchement désagréable lorsque vous faites un retour négatif : j’en ai fait les frais. Attention donc à vos partages sur les réseaux sociaux, la publicité d’une expérience ratée n’est pas appréciée et est même condamnée. J’imagine que ça ne peut être autrement lorsque que l’on prend des baristas formés au sein de l’industrie française du café de spécialité. Intégrés à un “nouveau” concept, ils apportent les forces mais aussi les faiblesses typiques de leur industrie. Changer le nom de leur profession ne suffit pas pour y remédier.

De mon côté je suis optimiste. La motivation et le talent de plusieurs membres de l’équipe des cafés Ducasse devraient garantir une amélioration rapide et conséquente. Les bases sont là, ne reste que la constance à atteindre. Si, et seulement si, l’équipe parvient à s’immuniser contre les faiblesse typiques et contagieuses de l’industrie française du café de spécialité.

  • Points forts : les lieux, le service dans les détails, le nombre de cafés à la carte

  • Points faibles : l’inconstance du service et des boissons, l’absence de menu pour une petit faim, les tasses à double parois qui ne permettent pas de jauger la température de la boisson et assurent de se brûler le palais

Et vous, vous êtes allé chez le Café Alain Ducasse ? Quelle a été votre expérience ? Dites-nous si vous êtes novice, amateur éclairé ou professionnel du café de spécialité et n’hésitez pas à partager votre ressenti dans les commentaires ! 😊

Albane THÉRY

Albane THÉRY est barista, formatrice, consultante et fondatrice de Baristas et Associés. Elle découvre la culture du coffee shop à Sydney en 2011 puis suit une formation barista avec Talor Browne et Kevin Ayers chez Coutume Café (Paris).

Revenue à Sydney, elle y pratique le métier de Barista pendant deux ans dans des coffee shops de spécialité. Elle rentre à Paris en 2014, où elle est en charge de la marque Café Compagnon. puis fait l'ouverture de Café Oberkampf.